Manipulation 3.0

Conférence-débat le 8/11/2018

 

Le Forum Nancy République, émanation des loges maçonniques du Grand orient de France (GODF) de Lunéville, Nancy et Pont-à-Mousson, organise une conférence-débat sur les fake-news, le 8 novembre 2018 à 20 h 00 dans les Grands salons de l’hôtel de ville de Nancy, intitulée « Manipulation 3.0 ». Le Forum Nancy République souhaite questionner les questions du rapport entre traitement de l’information et vérité, et de la recherche de la vérité. Le FNR a convié trois intervenants porteurs d’une vision pluraliste, Jean-Philippe Hubsch, Grand Maître du Grand Orient de France (GODF), Romain Pigenel, co-fondateur et associé de Futurs.io, cabinet de conseil en innovation, philosophe des sciences et technologies, ancien conseiller du président de la République et directeur adjoint en charge du numérique du Service d’Information du Gouvernement entre 2012 et 2017 et Thomas Huchon, Journaliste pour Spicee.com.

L’entrée est libre (attention : capacité de la salle limitée), l’ouverture des portes se fera à 19 h 30.

Les fake news, nouvelle stratégie d’influence de l’opinion

Les fausses informations (« fake news » ou informations bidon) visant à dénigrer ou à manipuler l’opinion, ont toujours existé. Mais la capacité fantastique de propagation offerte notamment par les réseaux sociaux, leur donne aujourd’hui une viralité inédite dans notre société hyperconnectée.

La liberté d’expression sans filtre est favorisée à travers opinions et récits étalés de façon frénétique et souvent polémique. L’efficacité du message diffusé à toute vitesse ne se soucie pas de la vérité et du mensonge. Toute opinion se vaut et l’anonymat à travers les pseudonymes permet de se dégager de la responsabilité de ses propos, d’alimenter la théorie du complot contre un « système » qui gouvernerait le monde de façon occulte.

Par ailleurs, si l’on suit la théorie d’Elie Pariser, les réseaux sociaux nous enferment dans des « bulles » de pensée en nous présentant en permanence des idées avec lesquelles nous sommes d’accord, limitant ainsi l’ouverture de notre réflexion.

Les garde-fous (comme les valeurs déontologiques) qui garantissent la vérification des informations avant diffusion, disparaissent ou sont affaiblis car discrédités, la frontière entre le vrai et le faux est totalement brouillée.

A qui profite le crime ?

« Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose... » disait déjà Francis Bacon il y a cinq siècles… sauf qu’aujourd’hui, ces entreprises malhonnêtes d’intoxication numérique déstabilisent la démocratie en corrodant le lien de confiance entre les citoyens et leurs représentants en même temps qu’elles fragilisent les fondements du savoir.

En effet, elles se servent d’Internet et des réseaux sociaux pour peser sur les sujets abordés par les grands médias (la télévision en particulier) ; elles influent ainsi le vote et ouvrent la porte de l’espace public médiatique aux théories conspirationnistes.

Comment faire face ?

Toutes les actions visant à contrer la prolifération d'une forme de renoncement à la vérité, par le renforcement du vrai par la raison critique, sont salutaires. Ainsi l’Education nationale (au lycée, à l’Université) essaye de jouer un rôle satisfaisant dans ses programmes qui ne demandent qu’à se renforcer dans une société de l’image où les adolescents sont des cibles privilégiées.

Pour les médias, avec l’augmentation de la propagation de « fake news » ces dernières années, la vérification des informations est devenue encore plus cruciale pour le travail des journalistes. Certains organes de presse se sont organisés, individuellement ou collectivement, pour investiguer, contrôler, vérifier les informations (« fact-cheking » ou journalisme de vérification).

Pour parvenir à distinguer le vrai du faux, pour que la raison s’impose face à la propagation des croyances irrationnelles, tous les témoins avancés (dont les francs-maçons) n’ont-ils pas à œuvrer dans la société pour développer l’esprit critique, aiguiser le sens de l’argumentation contradictoire, trouver collectivement des réponses intelligentes partagées par tous ?

Les intervenants

Jean-Philipp Hubsch

Jean-Philipp Hubsch

Âgé de 57 ans, marié, Jean-Philippe Hubsch est natif de Thionville (Moselle). Petit-fils et fils d’agent d’assurances, ce diplômé de l’Université de Nancy II et de Sciences Po Paris est courtier en assurances depuis 1987, exerçant son activité au sein de quatre bureaux : Thionville, Metz, Paris et Luxembourg. Entre 2011 et 2017, il était chargé de cours à l’Université de Lorraine. Jean-Philippe Hubsch a été assistant parlementaire à l’Assemblée nationale de 1983 à 1986. Auparavant, il a présidé les Jeunes RPR de Moselle, puis ceux de Meurthe-et-Moselle. Il a été élu Grand-Maître du Grand Orient de France le 23 août 2018, puis réélu le 29 août dernier

Romain Pigenel

Romain Pigenel

Romain Pigenel est co-fondateur et associé de Futurs.io, cabinet de conseil en innovation. Normalien, philosophe des sciences et technologies et psychologue de formation, il a travaillé pendant 10 ans dans la communication et le digital publics en France, notamment en tant que conseiller du président de la République et directeur adjoint en charge du numérique du Service d’Information du Gouvernement. Spécialiste de la digitalisation des institutions et de l’information, il mène une réflexion sur les effets de la révolution numérique sur la société et la régulation, réciproquement, des nouvelles technologies par le corps social.
Il s’intéresse tout particulièrement aux phénomènes de désinformation, de propagande et de radicalisation en ligne. Il a notamment eu à traiter ces problèmes dans le cadre de ses fonctions gouvernementales, durant lesquelles il a supervisé et co-conçu plusieurs initiatives de l’Etat français (campagnes « Stop Djihadisme » 1et 2 contre la radicalisation, campagne « On te manipule » contre les théories du complot). Il est co-organisateur du « Fakathon », un projet de hackathon sur les fake news et la post-vérité, avec l’université de recherche Paris Sciences et Lettres et le département de philosophie de l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm.
Enseignant en communication digitale à Sciences Po Paris, au CELSA et à l’ECS Paris, blogueur (https://medium.com/@romain_pigenel), il intervient régulièrement dans les médias ou dans des conférences sur des sujets liés à la communication (politique), à l’innovation, à la transformation numérique et aux humanités digitales, avec une double approche de théoricien et de praticien.

Thomas Huchon

Thomas Huchon

Thomas Huchon est journaliste et réalisateur. Formé au CFPJ, il est d’abord reporter de presse écrite avant de basculer dans la réalisation de documentaire avec « Allende c’est une idée qu’on Assassine » (Upside 2013).
Membre de l’équipe fondatrice du média en ligne Spicee, il dirige la rubrique ConspiHunter, qui traque les fake news et les théories du complot sur le web.
ConspiHunter, c’est un projet qui a vu avant les autres l’avènement de l’ère de la post-vérité dans laquelle nous vivions aujourd’hui. En 3 ans, plus de 4h de programme dédiés à la lutte contre la désinformation ont été produits et diffusés.
Il est aussi le réalisateur de Unfair Game, Comment Trump a manipulé l’Amérique (Spicee 2017), un film distribué dans de nombreux pays (USA, Am Sud, Al Jaezeera, France 2, Arte, RTBF, RTS, RTE, etc…), et qui montre les liens entre un milliardaire conservateur, les fake news et une entre prise de psychométrie élecotrale, liens ayant contribué à l’élection improbable de Donald Trump.
Depuis janvier 2016, il forme les plus jeunes à l’esprit critique dans les classes, et intervient dans de nombreux colloques et conférences (TedX, Satev, FIFDH, Assises du Vivre ensemble, Assises du journalisme).
Pour preuve supplémentaire de l’expertise de Thomas Huchon dans le domaine des fake news et de la désinformation, Sciences Po Paris vient de le recruter afin de former les futurs dirigeants de demain à s’informer sur la toile.
Depuis Septembre 2018, il a crée « Thomas Contre les GAFA – Et c’est pas gagné », programme court sur Youtube et Facebook qui cherche à faire de la pédagogie sur les données personnelles par les géants du net, et leur utilisation maligne.

Laurent Garcia

Laurent Garcia

Député de Meurthe-et-Moselle, investi dans les groupes de travail parlemntaires : Génération entreprise – Entrepreneurs associés (GEEA), Avenir Transports, comité de liaison parlementaire de l’Institut de la gouvernance territoriale et de la décentralisation (IGTD), groupe de travail sur les jeux olympiques et paralympiques de Paris en 2024, commission pour la Modernisation de la diffusion audiovisuelle, ainsi que des groupes d’amitiés (Mali et Pologne) et des groupes d’études.
Il est porte parole du groupe Modem et apparentés pour la loi sur la manipulation de l’information.

Quelles questions aux intervenants

Comment le rapport à la réalité est-il impacté ? Qu’est-ce qui est encore vrai ? Qui dit la vérité ? Est-il possible de rétablir la véracité des informations une fois diffusé le poison du soupçon généralisé ? Comment rompre le maléfice de l’invérifiable ? Le public avide de sensationnalisme, de merveilleux, ne cède-t-il pas trop complaisamment à cette tentation simpliste, en prenant toutes les données disponibles pour argent comptant ?

Quelle peut être la réponse juridique ? Même en évoluant, les règles de droit ne sont-elles pas condamnées à être perpétuellement en retard, dépassées par le progrès technologique qui caractérise l’univers numérique ? La réponse juridique peut-elle s’adapter sans apparaître comme un instrument de contrôle de l’opinion et de la liberté d’expression, sans renforcer le fantasme du complotisme ? L’arsenal juridique du droit français est-il adapté pour faire face à ce danger ? Pour autant, cette course a priori perdue contre ces informations mensongères doit-elle nous faire renoncer au souci de vérité ? La réponse juridique est-elle la seule réponse possible pour établir la vérité sur la véracité des faits ?

Quelle peut-être la réponse des médias ? Comment les médias, notamment la Presse Quotidienne Régionale qui est également en ligne, revisitent-ils la déontologie de leur profession, devant cette propagation des informations via Internet ?

Quelle peut-être la réponse éducative ? Les enseignements visant à proposer une lecture critique de l’image sont-ils suffisamment développés ?

Mesures de sécurité

Dans le cadre de la vigilance citoyenne qui s'impose à tous les Français depuis plusieurs moi, un dispositif de sécurité adapté sera mis en place à l’entrée des Grands salons de l'hôtel de Ville.

Les portes seront ouvertes à partir de 19 h 30, nous vous recommandons de venir le plus tôt possible afin de permettre le démarrage de conférence-débat dans les meilleures conditions.

Parlez-en !

Si notre démarche vous semble pertinente, n'hésitez pas ! Téléchargez et diffusez notre flyer !

Plan d'accès

 

La conférence-débat aura lieu dans les Grands salons de l'hôtel de Ville de Nancy